classement par mot-clé
J'étais en train d'allaiter mon deuxième fils, né fin aout, quand, peu avant minuit, le téléphone a sonné. Un ami du papa était au bout du fil et lui dit que le mur était tombé à la porte de Brandebourg. Mon compagnon se montra d'autant plus incrédule que son ami se trouvait dans un café! Néanmoins, il sauta dans sa voiture et ils se rendirent ensemble près du mur. Restée seule auprès des deux enfants, il me fallut attendre le jour suivant pour tater le pouls de la nouvelle ville: les gens poussant des caddies remplis de bouteilles de coca etc. Puis le soir, ayant poussé le berceau de mon nourrisson chez le jeune voisin, qui avait non seulement la garde de son petit frère, mais aussi d'un autre bébé du deuxième étage, je partis accompagnée de mon fils agé de cinq ans. Ce dernier avait vu des images à la télé et voulait à tout prix grimper sur une échelle ou donner des coups de marteaux dans le mur. Arrivés à Check Point Charlie, le spectacle du flot ininterrompu de Trabi venant de l'est et la foule se pressant autour d'elles ne l'intéressa pas vraiment et, décu, il souhaita rentrer à la maison assez rapidement. Il a du se dire, ce jour-là, qu'on ne devait pas croire tout ce qu'on voyait à la télévision! Les semaines et les mois qui suivirent, nous nous sommes souvent promenés le long du mur, c'était devenu un nouveau lieu d'excursion avec le landau.
Etant donné que je travaillais alors comme enseignante auprès du Gouvernement militaire de Berlin, la chute du mur a changé notre vie. J'aurais pu bien sagement postuler pour un poste dans l'école francaise qui allait prendre le relais des établissements en place, mais non. J'ai passé l'examen de professeur à Berlin et je me suis retrouvée enseignante dans le système allemand. J'ai ainsi travaillé à l'est comme à l'ouest de la ville, avec des collègues ayant aussi bien étudié et enseigné en RDA ou RFA.Ce fut un enrichissement que je ne regrette pas. J'ai pu également rencontrer les amis que j'avais à l'est sans plus me cacher des forces militaires francaises!
Et,au mois d'aout 1990, j'ai pu enfin rendre la pareille à ma correspondante en l'accueillant à mon tour à Paris, elle et sa famille!
Foto: Louisa Manz, jugendfotos.de
Evaluez ce témoignage
score actuel: 11 Punkte bei 2 Bewertungen