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" J'ai vécu l'effondrement du mur en direct "
" Le mur de Berlin représente quelque chose de très particulier pour moi puisque j'ai vécu son effondrement en direct.
J'accompagnais, en tant que journaliste de La Nouvelle République du Centre-Ouest, quotidien régional dont le siège se trouve à Tours un groupe de conseillers généraux d'Indre-et-Loire qui avaient programmé un voyage d'études sur les rapports Est-Ouest, du 6 au 9 novembre 1989. La date avait été bien choisie Alors que les élus décollaient de l'aéroport de Tegel le 9 à 19 h, j'ai décidé in extremis de rester sur place car j'avais comme la vague intuition qu'il pouvait se passer un événement. J'en ai rapidement eu la confirmation.
Alors que je me trouvais dans la chambre de mon hôtel, j’apprends vers 21h30, que le mur allait tomber. Je n'arrivais pas y croire.
Coup de chance : j'étais à cinq minutes à pied du pont de Bornholm dont j'apprendrais plus tard qu'il a été le premier point de passage des Allemands de l'Est.
Arrivé sur place, j'ai constaté une grande effervescence avec des Vopos (policiers du peuple) qui fraternisaient avec ceux qu'ils emprisonnaient d'une certaine façon depuis vingt-huit ans. Les bouteilles de Sekt, le vin blanc mousseux local, coulaient à flots.
A l'annonce impromptue d'une possibilité de passer à l'Ouest plusieurs jours, les Allemands de l'Est n'avaient même pas rempli le formulaire demandé. Cette fois, ils avaient décidé de désobéir. Le couvercle de la marmite avait sauté!
Je me souviens d'embrassades, de larmes, de coups de klaxons qui partaient de chaque Trabant, ces voitures à moteur deux temps d'un autre âge. Les réflexions que j'entendais étaient du genre :" on a pris la Bastille allemande ", " le peuple a gagné sur la politique " ou encore " c'est la fin de la RDA qui n'existait que par l'idéologie communiste ".
Tous ont fini épuisés et moi aussi vers 7 heures. La véritable ruée vers l'Ouest a eu lieu le samedi dans une pagaille indescriptible. Dans le sens contraire de l'histoire, je suis passé à l'est en payant toujours cinq marks pour le visa. Là, j'ai assisté à un meeting du SED, le parti communiste, qui essayait de se refaire une virginité en réclamant un socialisme démocratique. Plus personne ne voulait écouter, le successeur d'Erich Honecker, Egon Krenz, qui réclamait des réformes radicales alors qu'il avait justifié la solution chinoise. C'était trop tard.
Porte de Brandebourg, le mur de la division était devenu celui de l'unité. Cueillis à froid par la nouvelle, les journalistes allemands, presque tous en poste à Bonn, ont commencé à arriver. J'ai mesuré alors la chance d'avoir été aux premières loges de ce retour à la liberté de tout un peuple. Dans l'après-midi, place de Postdam, j'ai vu des bulldozers percer la première brèche dans le mur. Alors je me suis mis, comme des centaines de pics-verts, à frapper sur le mur avec un marteau et un burin pour en décoller des morceaux. J'ai encore le souvenir des grains de sable qui cinglaient mes yeux. Ces graffitis, j'en ai ramené une caisse. Je les regarde de temps en temps, en pensant à ce grand moment d'histoire que je n'ai pas forcément besoin de lire dans les livres puisque je l'ai vécu."
Foto: Henriette Diesterwald, jugendfotos.de
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Commentaire de Petra Kaiser écrit le 16.10.2009 12:08:10
Ein tolles Erlebnis!